La Fille de Nulle Part



Sortie CHF   17 avril 2013
17 avril 2013
            
Un film de Jean-Claude Brisseau
Avec Virginie Legeay, Claude MorelL, Jean-Claude Brisseau, Lise Bellynck
Scénario Jean-Claude Brisseau
Production La Sorcière Rouge
Prix Festival del Film Locarno 2012: PARDO D'ORO
Durée 91 min
No SUISA 1009.501
Synopsis
Michel, professeur de mathématiques à la retraite, vit seul depuis la mort de sa femme et occupe ses journées à l’écriture d’un essai sur les croyances qui façonnent la vie quotidienne. Un jour, il recueille Dora, une jeune femme sans domicile fixe, qu’il trouve blessée sur le pas de sa porte et l’héberge le temps de son rétablissement. Sa présence ramène un peu de fraîcheur dans la vie de Michel, mais peu à peu, l’appartement devient le théâtre de phénomènes mystérieux.

ENTRETIEN AVEC JEAN-CLAUDE BRISSEAU
Comment est venue l’idée du film ?
Le film a été fait à la demande de Virginie Legeay. Comme je venais de toucher un peu d’argent suite au passage de Noce Blanche à la télévision, j’ai décidé de faire un tout petit film. Je souhaitais depuis longtemps revenir aux conditions « amateur » de mes débuts. J’avais la nostalgie des films Nouvelle Vague, comme Tirez sur le pianiste, par exemple, où pendant les cinq premières minutes, on ne voit pas grand-chose à l’image, mais c’est le film de Truffaut qui m’a le plus touché. De la même manière, dans les films de Godard, ce dernier s’efforçait de faire le contraire de ce que faisaient les autres metteurs en scène, en particulier, en ce qui concerne l’image. J’ai donc décidé de faire un film avec rien au niveau des moyens, c'est à-dire d’aller à la simplicité absolue. Les travellings étaient réalisés avec une poussette sur laquelle on avait fixé une planche horizontale et sur laquelle on avait posé le pied de la caméra. J’ai alors acheté une caméra vidéo et un ordinateur permettant de faire le montage et je me suis lancé.

Vous jouez dans votre film ?
Oui, à la demande de plusieurs personnes. A l’origine, ce n’était pas moi qui devait interpréter le rôle principal masculin, mais mon ami Claude Morel qui joue le médecin dans le film. Virginie Legeay, Lisa Heredia, mon épouse, et Claude Morel, m’ont poussé et j’ai accepté. Mais ce travail a été très pénible car je devais apprendre tous les jours des textes par coeur, souvent très longs, et en même temps, jouer et faire la mise en scène. N’étant pas comédien, j’ai joué à moi-même, comme si le personnage, c’était moi ; en fait, tous les comédiens étaient des amateurs sur ce film.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le fait de faire ce film ?
Comme je l’ai dit précédemment, d’abord de faire le film pour la jeune femme que j’avais rencontrée à la FEMIS et qui a été mon assistante sur Les Anges exterminateurs. Puis faire un film un peu atypique en mêlant plusieurs genres, le fantastique, le filmage de la vie quotidienne, et mélanger à cela la philosophie et des éléments mélodramatiques mais aussi comiques.

Avez-vous eu des surprises pendant le tournage ?
Oui, pendant le tournage, j’ai réalisé que des séquences avaient disparu et il a fallu les retourner. Je découvrais l’informatique à laquelle je n’avais jamais été confronté. Pendant le montage que nous faisions dans ma maison de campagne, nous avons failli perdre la totalité du tournage. Là-bas, personne n’était capable de trouver une solution, et j’ai donc été obligé de retourner à Paris rencontrer un informaticien spécialisé dans le cinéma. Dans ma tête, ce film était un tout petit film, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il soit sélectionné à Locarno et encore moins à ce qu’il reçoive le Léopard d’or.

Pourquoi les phénomènes paranormaux dans votre film ?
Je me suis inspiré de phénomènes que j’ai vécus ; ces thèmes qui renvoient à des éléments dont on n’a pas conscience sont une constante dans mes films.

Votre héros écrit un livre sur les illusions humaines, et en même temps, il vit dans un appartement entouré de souvenirs du passé et d’illusions…
Je réalise d’ailleurs que l’illusion ou le factice sont un thème récurrent dans pratiquement tous mes films ainsi que le corollaire de l’illusion, l’attachement. Attachement qui mène à la souffrance, voire à la mort, au moment où l’on est séparé de son objet. N’y a-t-il pas une contradiction entre cette dénonciation de l’attachement et de l’illusion et le côté fantasmatique de votre film ? Je pense que nous vivons le fantastique sans jamais en prendre conscience vraiment. L’attachement qui unit les deux personnages du film dépasse peut-être la limite de la vie et de la mort.

Peut-être aussi, est-ce une illusion de ma part de m’intéresser, voire de croire à ces choses ?
Par contre, un ami m’a dit que les cinq minutes du film où le héros passe en revue les illusions sociales, politiques et humaines en répondant aux questions de la jeune femme (ce passage se termine par les quelques mots du héros, à savoir qu’un jour de détresse, il s’est réveillé face au vide de la condition humaine, et s’est mis à prier un dieu auquel il ne croit pas), cet ami m’a donc dit que ce moment était un résumé de la condition humaine. A-t-il raison ou tort ? Je ne sais pas. Peut-être aussi que la fille de nulle part, avec son intuition des phénomènes paranormaux, renvoie-t-elle, d’une certaine manière, elle aussi, à la recherche d’un amour sans attachement et du travail artistique, même sans récompense, qui en même temps, renvoie ess

Echos de presse
Brisseau redécouvre l'épure et l'intime qui lui vont si bien, érige Virginie Legeay en féminité contemporaine et montre à tous nos jeunes réalisateurs de qualité française ce que c'est qu'être jeune. Son nouveau cinéma peut commencer. (Matthieu Bareyre, Critikart.com)
L'effet touchant de "La Fille de nulle part" consiste à totalement déjouer les attentes éventuelles de spectateurs qui seraient attirés par la réputation de Brisseau. (...) Chez Brisseau, comme dans son cinéma, existe un mélange unique de sophistication et de primitivisme. (Serge Kaganski, Les Inrockuptibles)
Il émane du film cette légèreté presque enfantine qui est la marque des chefs-d'oeuvre tardifs. Plus que jamais, le cinéma de Brisseau s'affirme ici dans une géométrie qui échapperait aux lois d'Euclide. (Olivier Séguret, Libération)
"La Fille de nulle part" est un chef d'oeuvre.(Gilles Esposito, Mad Movies)
[Jean-Claude] Brisseau (...) se révèle un acteur sobre et puissant. (...) Il y a (...) quelque chose de très touchant dans cette "Fille de nulle part". De très pur aussi. (Danièle Heymann, Marianne) [Jean-Claude Brisseau] rompt avec l'inspiration érotique de ses derniers titres pour s'inscrire dans la veine fantastico-mystique de Céline. (...) Le spectateur jubile de ce retour à la vie et à la joie d'un personnage qui se confond avec son interprète. (Philippe Rouyer, Positif) Avec "La fille de nulle part", le réalisateur sulfureux des "Choses secrètes" signe une oeuvre intriguante à souhait. Cette introspection un brin mystique démontre que le cinéaste n'a pas dit son dernier mot. (Caroline Vié, 20 Minutes)
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