Brasileirinho



Sortie CHF   31 août 2005
Sortie CHD tba
            
Un documentaire musical de Mika Kaurismäki
avec Marcello Gonçalves, Zé Paulo Becker, Ronaldo Souza, Yamandú, Elza Soares etc.
Production Marco Forster, Mika Kaurismäki, Bruno Stroppiana
Age légal / suggéré 0 / 10 ans
Durée 90 min
No SUISA 1005.505
Synopsis

Brasileirinho est une évocation du Choro, rythme brésilien né au XIXè siècle, fruit du métissage de mélodies européennes (valses, polkas) et de sonorités afro-brésiliennes.

Par l’entremise du « Trio Madeira Brasil » groupe de Choro de Rio, nous découvrons les plus grands interprètes de cette musique souvent considérée comme le jazz brésilien et dont Pixinguinha fut le plus grand compositeur.

Brasileirinho n’est pas un film historique sur le choro, mais plutôt un voyage avec ceux qui font vivre cette musique au quotidien, dans un subtil mélange de raffinement classique et d’improvisations : « rodas de choro » sur les places et dans les rues, les théâtres, les écoles de banlieue et les gafinheiras, ces bars populaires qui abondent dans les ruelles du quartier de la Lapa.

De Ronaldo do Bandolin, virtuose de mandoline, à Teresa Cristine, étoile montante du chant joyeux et mélancolique de la samba, Brasileirinho dévoile avec émotion les liens fraternels entre les musiciens, les chanteurs et leur public. Cette musique est bien l’expression la plus profonde de l’âme brésilienne.


Entretien avec Mika Kaurismäki

Pouvez-vous nous dire ce qu’est le Choro. Où et quand est-il né ?
Est-ce une musique pour tous ou réservé à un petit cercle d’initiés ? Le Choro est né au milieu du 19ème siècle quand les musiciens de Rio ont mélangé les mélodies européennes comme la valse et la polka avec les rythmes afro-brésiliens. Au début, le Choro était plus une manière de jouer qu’un style musical. Puis, il s’est répandu dans tout le Brésil, jusqu’à ce que la Samba prenne le dessus. Le Choro a dès lors survécu dans les “Rodas de Choro”, les jam sessions, dans les maisons et les bars. C’est à partir de là qu’on a appelé ce Choro traditionnel “Chorinho”. Aujourd’hui, c’est de nouveau une manière de jouer, souple et large, combinant le Chorinho traditionnel avec des éléments de musique classique et de jazz et est redécouvert aujourd’hui par la jeune génération.

Quand vous est venue l’idée du film ? Quand avez-vous entendu du Choro pour la première fois ?
A l’avant-première suisse de Moro no Brasil, quelqu’un – apparemment un amateur de Choro – m’a demandé pourquoi il n’y en avait pas dans mon film. Je lui ai expliqué que Moro no Brasil était plus sur la samba et que le Choro mérite qu’on lui consacre un film entier. Il m’a répondu qu’il était prêt à produire un film : c’était Marco Forster, il n’avait jamais produit de film auparavant, et il a tenu sa promesse. C’est enfant, en Finlande que j’ai entendu du choro pour la première fois à la fin des années 50. C’était “Tico-tico no Fubá”, je m’en souviens encore, qui jouait à la radio le dimanche après-midi.

Qu’est-ce qui vous plait dans le Choro ? Etes-vous vous-même musicien ? Peut-être même jouez-vous du Choro?
Ce qui est fascinant dans le Choro c’est sa souplesse, comment il évolue, se développe en fonction du jeu des musiciens. Il s’adapte à toutes les situations : en solo ou dans un groupe, dans un concert ou un boeuf, pour l’écouter ou le danser ; c’est une musique très sociale. J’aime cette forme de badinage et je suis fasciné par la virtuosité des musiciens. Je ne joue d’aucun instrument, sauf exceptionnellement des percussions après quelques verres (de trop)…

Comment avez-vous trouvé les musiciens du film?
Marco Forster en collaboration avec Marcello Gonçalves comme conseiller musical a développé le concept. Nous voulions montrer la diversité du Choro. Je connaissais déjà certains des musiciens, comme Paulo Moura, Yamandú, Trio Madeira Brasil, etc. car certains s’étaient produits dans le club que j’avais ouvert il y a quelques années à Rio. Marcello a proposé quelques musiciens que je connaissais moins et Marco en a déniché à Bahia. Vous pouvez imaginer comme la sélection a été difficile…

Où et comment s’est passé le tournage ? Comment aviez-vous planifié les entretiens, les lieux, les musiciens etc. ?
La période de tournage était courte, trois semaines, tout à Rio. Nous devions tourner les scènes en une seule prise. Certaines scènes du film, ont été mises en scène : le concert, le ferry du Choro, etc. Malgré cela, il s’agit bien d’un documentaire : le concert était un événement public, les entretiens, bien évidemment, n’avaient pas été pré-écrits. Je souhaitais que les lieux du film soient réalistes. J’ai tourné chez les gens, dans les bars et les lieux importants pour le Choro aujourd’hui et dans le passé. Mon idée était d’essayer de raconter le Choro à travers ceux qui jouent du Choro, qui en vivent. J’ai mis l’accent sur certains instruments comme la guitare 7-cordes, la mandoline, les cuivres, le tambourin, le cavaquinho (petite guitare rythmique à 4 cordes) etc., mais je voulais aussi montrer qu’il peut être chanté et dansé.

Et le montage ?
Je me souviens que vous m’aviez dit avoir beaucoup de rushes ? Oui, nous avons tourné 60 heures à peu près, mais j’ai eu la chance d’avoir la même monteuse que pour Moro no Brasil, Karen Harley, avec qui, je crois, je forme une bonne équipe. Ce qui nous a aidé c’est que la structure était claire depuis le début, mais, c’est vrai que c’est toujours difficile de couper des scènes que l’on aime bien ; c’est comme ça, il faut être à la fois tendre et brutal avec ses rushes...

La réalisation de ce film fut-elle différente que pour vos autres films ? En savez-vous déjà sur votre prochain film ?
Le tournage en lui-même fut assez court comparé à un tournage de long-métrage et à Moro no Brasil qui m’a pris plusieurs années. Faire un documentaire demande de la patience ; comme réalisateur, j’observe, je ne suis pas le centre de l’attention. Dans ce film j’ai beaucoup appris, pas seulement sur le Choro mais sur la musique et sur la manière de vivre des Brésiliens. Je veux faire deux autres films musicaux, sur le jazz et sur le tango finlandais. En même temps, je développe deux projets de fiction et si tout se passe bien, je devrais réaliser un film en Finlande l’année prochaine.

Propos recueillis par Aretta Vähälä du Finnish Film Foundation, décembre 2004


Echos de presse
“Un film à regarder avec les oreilles et plein de sagesse.” - Antoine Duplan “L’Hebdo”
“Des instants d’intense émotion, de la magie pure.” - STUDIO MAGAZINE
"Avec une économie de commentaires et des extraits de concerts euphorisants, Kaurismaki montre la richesse d'une tradition et témoigne de la formidable diversité de la musique brésilienne, où la bossa reste l'arbre qui cache une forêt aussi dense que l'Amazonie." Première
"Mika Kaurismäki réussit à capter des performances improvisées époustouflantes… Le plaisir est décidément au rendez-vous." L’Express
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