Synopsis
Brasileirinho est une vocation du Choro, rythme brsilien n au XIX sicle, fruit du mtissage de mlodies europennes (valses, polkas) et de sonorits afro-brsiliennes.
Par lentremise du Trio Madeira Brasil groupe de Choro de Rio, nous dcouvrons les plus grands interprtes de cette musique souvent considre comme le jazz brsilien et dont Pixinguinha fut le plus grand compositeur.
Brasileirinho nest pas un film historique sur le choro, mais plutt un voyage avec ceux qui font vivre cette musique au quotidien, dans un subtil mlange de raffinement classique et dimprovisations : rodas de choro sur les places et dans les rues, les thtres, les coles de banlieue et les gafinheiras, ces bars populaires qui abondent dans les ruelles du quartier de la Lapa.
De Ronaldo do Bandolin, virtuose de mandoline, Teresa Cristine, toile montante du chant joyeux et mlancolique de la samba, Brasileirinho dvoile avec motion les liens fraternels entre les musiciens, les chanteurs et leur public. Cette musique est bien lexpression la plus profonde de lme brsilienne. |
Pouvez-vous nous dire ce quest le Choro. O et quand est-il n ? Est-ce une musique pour tous ou rserv un petit cercle dinitis ? Le Choro est n au milieu du 19me sicle quand les musiciens de Rio ont mlang les mlodies europennes comme la valse et la polka avec les rythmes afro-brsiliens. Au dbut, le Choro tait plus une manire de jouer quun style musical. Puis, il sest rpandu dans tout le Brsil, jusqu ce que la Samba prenne le dessus. Le Choro a ds lors survcu dans les Rodas de Choro, les jam sessions, dans les maisons et les bars. Cest partir de l quon a appel ce Choro traditionnel Chorinho. Aujourdhui, cest de nouveau une manire de jouer, souple et large, combinant le Chorinho traditionnel avec des lments de musique classique et de jazz et est redcouvert aujourdhui par la jeune gnration.
Quand vous est venue lide du film ? Quand avez-vous entendu du Choro pour la premire fois ? A lavant-premire suisse de Moro no Brasil, quelquun apparemment un amateur de Choro ma demand pourquoi il ny en avait pas dans mon film. Je lui ai expliqu que Moro no Brasil tait plus sur la samba et que le Choro mrite quon lui consacre un film entier. Il ma rpondu quil tait prt produire un film : ctait Marco Forster, il navait jamais produit de film auparavant, et il a tenu sa promesse. Cest enfant, en Finlande que jai entendu du choro pour la premire fois la fin des annes 50. Ctait Tico-tico no Fub, je men souviens encore, qui jouait la radio le dimanche aprs-midi.
Quest-ce qui vous plait dans le Choro ? Etes-vous vous-mme musicien ? Peut-tre mme jouez-vous du Choro? Ce qui est fascinant dans le Choro cest sa souplesse, comment il volue, se dveloppe en fonction du jeu des musiciens. Il sadapte toutes les situations : en solo ou dans un groupe, dans un concert ou un boeuf, pour lcouter ou le danser ; cest une musique trs sociale. Jaime cette forme de badinage et je suis fascin par la virtuosit des musiciens. Je ne joue daucun instrument, sauf exceptionnellement des percussions aprs quelques verres (de trop)
Comment avez-vous trouv les musiciens du film? Marco Forster en collaboration avec Marcello Gonalves comme conseiller musical a dvelopp le concept. Nous voulions montrer la diversit du Choro. Je connaissais dj certains des musiciens, comme Paulo Moura, Yamand, Trio Madeira Brasil, etc. car certains staient produits dans le club que javais ouvert il y a quelques annes Rio. Marcello a propos quelques musiciens que je connaissais moins et Marco en a dnich Bahia. Vous pouvez imaginer comme la slection a t difficile
O et comment sest pass le tournage ? Comment aviez-vous planifi les entretiens, les lieux, les musiciens etc. ? La priode de tournage tait courte, trois semaines, tout Rio. Nous devions tourner les scnes en une seule prise. Certaines scnes du film, ont t mises en scne : le concert, le ferry du Choro, etc. Malgr cela, il sagit bien dun documentaire : le concert tait un vnement public, les entretiens, bien videmment, navaient pas t pr-crits. Je souhaitais que les lieux du film soient ralistes. Jai tourn chez les gens, dans les bars et les lieux importants pour le Choro aujourdhui et dans le pass. Mon ide tait dessayer de raconter le Choro travers ceux qui jouent du Choro, qui en vivent. Jai mis laccent sur certains instruments comme la guitare 7-cordes, la mandoline, les cuivres, le tambourin, le cavaquinho (petite guitare rythmique 4 cordes) etc., mais je voulais aussi montrer quil peut tre chant et dans.
Et le montage ? Je me souviens que vous maviez dit avoir beaucoup de rushes ? Oui, nous avons tourn 60 heures peu prs, mais jai eu la chance davoir la mme monteuse que pour Moro no Brasil, Karen Harley, avec qui, je crois, je forme une bonne quipe. Ce qui nous a aid cest que la structure tait claire depuis le dbut, mais, cest vrai que cest toujours difficile de couper des scnes que lon aime bien ; cest comme a, il faut tre la fois tendre et brutal avec ses rushes...
La ralisation de ce film fut-elle diffrente que pour vos autres films ? En savez-vous dj sur votre prochain film ? Le tournage en lui-mme fut assez court compar un tournage de long-mtrage et Moro no Brasil qui ma pris plusieurs annes. Faire un documentaire demande de la patience ; comme ralisateur, jobserve, je ne suis pas le centre de lattention. Dans ce film jai beaucoup appris, pas seulement sur le Choro mais sur la musique et sur la manire de vivre des Brsiliens. Je veux faire deux autres films musicaux, sur le jazz et sur le tango finlandais. En mme temps, je dveloppe deux projets de fiction et si tout se passe bien, je devrais raliser un film en Finlande lanne prochaine.
Propos recueillis par Aretta Vhl du Finnish Film Foundation, dcembre 2004 |